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    Je ne fais pas partie de ces plantes sauvages,

    Qui à peine arrachée repousse avec outrage,

    Et si vous l'ignorez, sans lumière et sans eau,

    Je ne donnerai pas aussi cher de ma peau.

     

    Si vous me piétiniez, je resterai à terre.

    Cette fébrilité, j'eus mieux fait de la taire.

    Pourtant je ne suis pas la fleur assez fragile

    Dont l'agonie serait éphémère et facile.

     

    Pour ressasser cela, j'aurai le temps qu'il faut:

    Que l'engrais favori manquait à mon terreau.

    Mon rêve aurait été de peupler le jardin

    Où vos pas nonchalants vous conduiront demain.

     

    Pour vous j'aurai eu joie de refleurir encore,

    Ne serait-ce un instant, d'enjouer votre décor.

    Mais je vous remercie d'avoir eu la main verte,

    D'être celle pour qui je me serais ouverte.

     

    Ne faisant pas partie de ces plantes vivaces,

    Qui à peine arrachée repousse avec audace,

    Je ne renaitrai pas aisément de mes cendres,

    Ni au prochain printemps, puissiez-vous le comprendre.

     

    L.


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  • Jeu : Retrouver les 32 noms de fleurs ou de plantes

     

     

     

    Au gré de mes pensées, émues, gaies ou spectrales,

    Déjà ceinte d'une blême mélancolie

    De l'avoir attendue tant d'années monacales,

    Soucieuse se meurt mon âme aux traits flétris.

     

    Du fait d'avoir osé avouer que je l'aime,

    Je me débats dès lors dans cette crise en thèmes...

    J'aurai fait mieux, je sais, si souvent de me taire,

    D'échanger ma verve pour une muselière.

     

    Si boulette il y eut, ce coup de sape aux nerfs

    Ne fut de notre fait - Où se cache l'erreur? -

    Mais l'empire s'effondra ainsi que nos hiers

    Englouti dans ce grand bouillon d'âmes d'onze heures.

     

    L'hamadryade a mit mon encéphale en terre.

    Sot, je fus, je l'avoue. Tant pis!... s'enliser là,

    Où mon cœur campa, nul, esseulé mais peu fier,

    Où l'amour incertain, sans renom, culmina.

     

    Si j'insiste, c'est que, d'un désir immortel,

    Mon esprit, à cette Belle, adonne, aigle entier,

    Toutes ses rêveries. C'est le bouquet! Entre elle

    Et lui, abyssal s'y fit un profond fossé.

     

    Car derrières les plis des aveux sans réponse,

    Plutôt que d'en garder l'empreinte digitale,

    Mon cœur aura vieilli, l'espoir même se fronce,

    Et leur perspective prime vers le fatal.

     

    L.


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