Blog de Poésie
Je ne fais pas partie de ces plantes sauvages,
Qui à peine arrachée repousse avec outrage,
Et si vous l'ignorez, sans lumière et sans eau,
Je ne donnerai pas aussi cher de ma peau.
Si vous me piétiniez, je resterai à terre.
Cette fébrilité, j'eus mieux fait de la taire.
Pourtant je ne suis pas la fleur assez fragile
Dont l'agonie serait éphémère et facile.
Pour ressasser cela, j'aurai le temps qu'il faut:
Que l'engrais favori manquait à mon terreau.
Mon rêve aurait été de peupler le jardin
Où vos pas nonchalants vous conduiront demain.
Pour vous j'aurai eu joie de refleurir encore,
Ne serait-ce un instant, d'enjouer votre décor.
Mais je vous remercie d'avoir eu la main verte,
D'être celle pour qui je me serais ouverte.
Ne faisant pas partie de ces plantes vivaces,
Qui à peine arrachée repousse avec audace,
Je ne renaitrai pas aisément de mes cendres,
Ni au prochain printemps, puissiez-vous le comprendre.
L.