Blog de Poésie
Dans notre goût commun des choses d'autrefois,
J'aurais aimé, pour vous, écrire en vieux françois.
Que m'eut-il importé que, seules, vous et moi
En eussent ressenti l'unique et même émoi!
Puisqu'ils ne soutiendront jamais que vos couleurs,
Daignez que mes mots soient ici vos serviteurs
Et les fiers destriers des élans de mon cœur,
Portant fidèlement leurs plus nobles ardeurs.
Acceptez ce discours, tant peu monologué,
Que nulle autre que vous pourrait homologuer,
Qui s'envole vers vous ainsi que des baisers
Plein de bons sentiments que vous-même taisez.
Vous qui semblez perdue dans votre rêverie,
Pour votre distraction, que ces hauts mots, Ma Mie,
Fluide source sure émanent de son lit,
Trouvent le bon accueil, vos faveurs éblouies.
D'autres trouveraient vos silences méprisants,
De doutes je n'ai point de ce que je ressens,
Je vous attendrai donc dans le charme d'antan.
Non! ne me dites rien! … qui ne dit mot consent.
Dans notre goût commun des choses d'autrefois,
J'aurais aimé, pour vous, écrire en vieux françois.
Que m'eut-il importé que, seules, vous et moi
Eussent ce ressenti, et aimez, aimez-moi…
L.