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Blog de Poésie

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(Sans titre)

 

 

Il n’y a déjà plus personne sur la place.

Les gens chez eux se sont terrés

Sitôt le marché terminé.

Et les vieux, comme des rapaces,

Une fois vos deux paniers pleins,

Glanent enfin quelques pâtures

Au milieu de la pourriture

De quoi pour eux faire un festin.

Un dimanche comme les autres,

Vous en costumes, en famille,

Eux solitaires en guenilles.

Souvenez-vous, ils sont des vôtres!

Et de champagne en somptueux desserts

De ripaille en indigestion,

Vous ne prêtez à eux plus aucune attention

Et les condamnez à se taire.

Bouillons de choux, croûtons rassis,

Restes trouvés dans les poubelles,

Ils resteront à la merci

De cette vie par trop cruelle.

Et soulevant, discrets, un coin de rideau sale

Ils vous regarderont partir en promenade,

Dans vos plus beaux habits, sous un ciel amical.

Et eux, pendant ce temps, ils rêveront, maussades,

Au temps où eux aussi allaient se promener

En ces après-midi de soleil et de vent,

Au bras de ceux qu’ils ont pleurés,

Quand vous, gamins, couriez devant.

Comme eux dans quelques décennies,

Vous comprendrez alors leur ultime espérance,

Vous souhaiterez pour vous qu’arrive aussi

Le matin de la délivrance.

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